Eléments pour une poétique cybernétique | Cité des Sciences

 

Robot
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“ART ROBOTIQUE” / Cité des Sciences

“Art Robotique” est une exposition monumentale certes, au long cours (Janvier 2015), et qui reste cependant à échelle humaine: concise, rythmée et stimulante: une vraie réussite. Le propos est de réunir des projets artistiques liés aux logiques de modélisation mécanique. Et quand de nombreuses exposition valorisent trop facilement la prouesse technique au détriment du processus esthétique, cet exposition joue sur tous les tableaux :
On sourit avec Till Nowak et son parc d’attraction insensé puis plus loin avec les vidéos des nonsense machines (le groupe de japonaises hystériques notamment). On frémit devant la symphonie froide et minimale des lits d’hôpital de Jean-Michel Bruyères (la réponse futuriste aux matelas tordus de Mathieu Pernot à la Maison Rouge ?).
La qualité graphique du dessin industriel est mise au service du paysage. Un paysage hors du commun humain car uniquement vu et rendu par des robots puisque ce sont des images de Mars…

Enfin deux pièces saisissantes, complémentaires, marquent les esprits: les Strandbeest de Theo Jansen d’abord. Ces sculptures mobiles autonomes et atemporelles, entre exo-squelettes et vestiges d’une mécanique préhistorique et que les enfants ou le vent manient avec détermination.
Puis la matrice liquide 3D, qui n’est autre qu’une fontaine lumineuse tout à fait captivante. C’est ici la fréquence et le débit de l’eau, soumis à une lumière vertcale continue, qui est l’outil de représentation d’une modélisation de formes et mouvements. L’aspect cubique contraste avec la fluidité des formes, et les effets sont hypnotiques. Les Versailles du futur s’amuseront-ils à faire jaillir des pluies  façon Le Nôtre sur les promeneurs ?
Pour l’instant, les enfants s’amusent avec les flaques lumineuses de la Troïka (une nouvelle marelle) et s’ennuient devant la lenteur du “Papy transformer” artisanal qui grandit au milieu de la cité. La Totemobile devra attendre un peu pour trouver son Roland Barthes.

Au-delà: ce cyborg qui vient

Deux lectures passionnantes sont venues se greffer à cette visite et proposent des pistes de réflexion sur la relation homme-machine: celle de l’article d’Olivier Ertzscheid dans Ecrans: “World Wide Orwell”, et un article de The Verge sur Oculus. Nous y reviendrons dans In Your Interfaces (nouvelle version de IYI, bientôt), mais il s’agit bien de se repositionner afin de penser différemment le cybernétique et de l’articuler avec l’ensemble des questions fondamentales (sociales, politiques, esthétiques). La pensée algorithmique et le développement de la virtualité de masse, qui sont les deux sujets des deux articles, vont certainement provoquer des bouleversements qui modifieront notre perception même du cybernétique. L’art robotique, tel qu’il est présenté à la Cité des Sciences est une première étape pour appréhender l’intégration de ces bouleversements. C’est en donnant des formes intelligibles et sensibles (une “poétique” donc, au sens le plus philosophique) à ces nouvelles dimensions du réel, que l’on pourra les penser et les maîtriser.

Paris, Mai 2014

 

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